Après 3 années de gestation, le Baroscope montre enfin le bout de son nez en ce mois d’avril 2024 ! En plein préparatifs pour l’ouverture, Anouk Filippi, cofondatrice de la scop, nous a accordé quelques minutes pour expliquer ce que sera ce nouveau lieu à Pélussin. Le Grenade a accompagné Anouk et Mathieu Damon-Leydier dès le mois de mars 2021. On en profite donc pour revenir sur ces 3 ans de projet qui ont mis la patience de l’équipe à rude épreuve.

Grenade : Où en êtes-vous aujourd’hui ? à quoi ressemble le lieu ? 

Anouk : ça ressemble de plus en plus à un café-restaurant ! La salle aura 42 places assises, avec bien sûr la possibilité d’avoir des personnes qui consomment au bar. La terrasse, elle, pourra contenir 35 places.

Nous sommes quasiment prêts, il ne reste que des détails à régler côté déco et aménagement surtout : ajouter des plantes par exemple, accrocher les ardoises pour afficher nos prix, nos producteurs, préparer la terrasse car le beau temps sera peut-être de retour dans quelques semaines…

La cuisine est en place, sauf le four qui arrive vers la mi-mars. On a préparé nos commandes, mais on attend le feu vert de l’administration publique avant d’ouvrir réellement.

Grenade : Justement, avez-vous une date d’ouverture prévue ? 

Anouk : Oui ! Nous avons enfin le feu vert de l’administration pour démarrer l’activité ! Nous prévoyons donc une ouverture le 4 avril. Cela nous laisse 2 semaines pour être fin prêts et finaliser notamment les plannings, les commandes et achats de produits, certaines préparations en cuisine, etc.

La salle du restaurant le Baroscope à Pelussin

Grenade : Où en est l’équipe aujourd’hui ? 

Anouk : Côté équipe, en dehors de Mathieu et moi, Christophe nous rejoint le 15 mars pour nous aider en cuisine et Virginie (également cofondatrice de la SCOP) assurera le service les vendredis. On rencontre demain une personne pour assurer un mi-temps complémentaire et on embauchera certainement des extras aussi. Sans avoir une grosse masse salariale, on a tout de même envie d’agrandir un peu l’équipe pour avoir plus de marge de manœuvre sur les plannings, pouvoir se relayer, etc.

G : Quelle sera l’offre du lieu à l’ouverture ? 

A : Le Baroscope sera ouvert du mardi au jeudi, de 7h à 18h, le vendredi de 7h à 1h, le samedi de 16h à 1h et le dimanche, jour de marché, de 7h à 16h.

Toute la semaine le midi, le lieu proposera donc une restauration basée sur des produits frais et de saison, sourcée auprès d’agriculteurs éthiques et locaux. Il y aura 2 entrées, 2 plats et 2 desserts. Ces propositions changeront régulièrement selon les arrivages et l’humeur des cuistots ! La cuisine proposera toujours un plat plutôt “traditionnel”, comme par exemple les plats mijotés très réconfortants, avec une petite touche d’originalité, un petit “twist”. Et il y aura toujours aussi une alternative végétarienne qui variera les légumes et les cuissons, pour une cuisine plus alternative et originale.

Chaque semaine, les vendredis et samedis, le bar ouvre le soir, pour offrir des bières artisanales locales à la tireuse (notamment de la brasserie du Pilat, toute proche !)  et une petite restauration avec des tartines et des croque-monsieur, des frites et crudités, ou des planches de fromages, charcuteries, condiments.

L’offre du midi variera bien sûr, mais elle sera toujours composée d’un plat traditionnel, réconfortant avec une touche d’originalité, et d’un plat végétarien de qualité.

Anouk et Mathieu, les deux porteurs du projet du Baroscope

Le soutien des gens a été incroyable. On nous disait “ne lâchez rien”, “on vous attend”

G : On ne peut pas raconter ici tout ce que vous avez vécu avant de finalement pouvoir ouvrir. Mais il y a eu beaucoup de péripéties, avec notamment un changement de local, d’associé·es… comment as-tu vécu cette aventure entrepreneuriale ? 

A : À titre personnel, j’ai plutôt bien vécu ces années de gestation et de montage du projet. C’était le temps qu’il me fallait finalement pour mûrir et accepter ce changement d’activité qui est aussi un changement de vie pour moi.

C’est aussi un temps qui m’a permis d’acquérir la confiance nécessaire pour prendre ma place dans le projet. A chaque fois qu’une “embûche” est arrivée, ça s’est toujours révélé être une bonne nouvelle au final ! Par exemple, on a eu récemment un souci avec l’administration publique qui nous a obligés à repousser l’ouverture, mais cela nous permet aussi de temporiser, ne pas ouvrir en speed, dans la foulée des travaux qui nous ont quand même bien épuisés. 

G : Qu’est-ce qui vous a fait tenir ? 

A : Pour moi, c’était mon projet de vie de quitter Lyon et créer une activité à la campagne. Je voulais aussi aller au bout du projet avec Mathieu. Mais ce sont surtout les gens tout autour de nous qui ont été un énorme soutien. Au fil de nos galères, on nous disait “on a besoin de vous”, “ne lâchez rien”, “on vous attend”… c’était hyper encourageant ! On a aussi eu plein de coups de main concrets durant les travaux, des locaux qui se sont investis, mais aussi des membres du Grenade qui sont passés nous voir… ça a été hyper porteur !

G : Quel conseil donnerais-tu à des entrepreneurs qui se lancent ? 

A : Je dirais, bien penser l’adéquation entre un territoire, une attente et l’offre qu’on veut faire. Il ne faut pas choisir le lieu par hasard. On avait un attachement fort à Pélussin, on s’est investis dans la vie locale (NDLR : durant plusieurs années, ils ont réalisé le catering du festival de théâtre local, chaque été) et on espère bien contribuer activement à la vie locale grâce au Baroscope.

Un autre conseil que je donnerais : rester concentré·e sur son envie initiale, sur sa motivation profonde. Cela permet vraiment de supporter toutes les contraintes et la montagne de choses à faire, sans se laisser écraser par elles.

L'équipe du baroscope, avec des bénévoles, à la fête de la pomme à Pélussin.